En écho au dossier de la revue Ca m’intéresse du mois de décembre 2013 « Quand le corps soigne l’esprit », j’insiste sur les bienfaits de la marche sur le bien être psychique.

Faire du sport est reconnu depuis un certain nombre d’années comme bon pour la santé physique et psychique. En effet, lors de l’effort, le cerveau libère des endorphines anti-douleurs et des sérotonines qui activent le système de récompense (comme les drogues, le sexe et le chocolat).

Sans exercer une activité bien spécifique, le simple fait de se mettre en mouvement en marchant dans un espace naturel a de réels effets sur les tensions psychiques et l’esprit. L’association Seuil (www.assoseuil.org) organise des marches de trois mois pour des jeunes envoyés par l’aide sociale à l’enfance (ASE) et le ministère de la Justice. Bernard Ollivier, son fondateur, livre au magasine « 85% de jeunes qui sortent de prison récidivent. Après la marche, 75 à 80% d’entre eux se réinsèrent ».

Aux Etats- Unis, depuis les années 2000, est apparu la « walk and talk therapy ». Les psychologues d’Outre-Atlantique ont délaissé le divan et le face-à-face pour marcher dans un espace vert avec le patient. Il semble que cette mise en mouvement aide à aller plus rapidement au cœur des questions et à faciliter la relation professionnel-patient. « En décoinçant le diaphragme, la marche délie les émotions et libère le stress » note Dimitri Haikin (psychologue, psychothérapeute à Bruxelles et psycho-randonneur).

Mettre un pied devant l’autre permet de se mettre en mouvement au sens propre et au sens figuré. « En cheminant à pied, on a de vraies conversations, on prend le temps d’écouter et de répondre » précise David Le Breton. Lors des dépressions, le plus difficile est de se « bouger ». La perte de l’élan vital va de part avec une certaine apathie et une difficulté à initier des actes. Se remettre en mouvement permet de se décentrer des pensées négatives, de penser à autres chose et de reprendre contact avec l’effort.

Les ressources de chacun ne sont pas chez l’autre mais se logent bel et bien en soi-même. Notre équilibre physique et psychique provient d’un sentiment d’unité de soi. Pourquoi ne pas se laisser attirer par la verdure du jardin des plantes, à défaut de Central Park, pour prendre le temps de se rencontrer en marchant lors de vos séances ?